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Ways of Life

PROTOCOLE SOCIAL

Dans la société Nisg̱a’a traditionnelle, des codes de conduite et un protocole social non écrits gouvernaient le comportement des gens dans tous les aspects du quotidien. Les grands événements de la vie tels que les mariages, les funérailles, les fêtes et l’initiation des garçons et des filles dans la société des adultes comportaient des étapes et des rituels précis; ceci avait pour but d’assurer que ces cérémonies et les personnes qui les accomplissaient reçoivent l’attention et le respect qui leur étaient dus.

Par exemple, au cours de n’importe quelle fête, les participants et les spectateurs observent rigoureusement le protocole social régissant l’ordre des orateurs et les formes de dialogue prescrites ainsi que la convenance de certaines histoires, danses et chants présentés selon les occasions. Les danses, les chants et les histoires appartiennent à certaines familles, clans et tribus et seules les personnes désignées ont la permission de les partager en public. Ainsi, l’origine d’une famille ou l’histoire de sa migration n’est habituellement racontée que par le chef ou la matriarche de cette famille, à moins que ceux-ci ne permettent expressément à une personne désignée de la raconter publiquement.

Les manquements à ces protocoles ont toujours eu des conséquences. Lors d’une fête, par exemple, chaque orateur qui s’adresse à l’auditoire doit faire précéder ses propos de la formule « Chefs et matriarches ». Un jour, il n’y a pas tellement longtemps, un orateur s’adressa à l’auditoire en disant « Matriarches et chefs » et tout de suite un murmure de désapprobation s’éleva dans l’assemblée. L’orateur reconnut son erreur et plus tard durant la fête, il fit cadeau à chacun d’un aliment très prisé pour se racheter.

Les Nisg̱a’a ont toujours eu également des protocoles pour exprimer leur reconnaissance face aux cadeaux de la nature. Dans les temps anciens, lorsqu’on attrapait les premiers eulakanes de la saison, les gens ramassaient une poignée de ces petits poissons et s’en « arrosaient » pour célébrer la générosité de Dame Nature.

Lorsqu’un bébé était prêt à commencer à manger de la nourriture solide durant la saison de la pêche à l’eulakane, un parent du côté de son père lui donnait un eulakane frit. Le père et la mère ne pouvaient pas le lui donner eux-mêmes; ils devaient inviter une personne de la famille du père à poser ce geste. Le protocole voulait aussi que les parents du bébé offrent à cette personne un cadeau en guise de remerciement. Il en va ainsi encore aujourd’hui durant la saison de la pêche à l’eulakane, qui se déroule généralement les deux premières semaines de mars.

Depuis toujours les pêcheurs partagent leur récolte d’eulakane avec les membres de leur famille paternelle, qui en retour doivent offrir des cadeaux aux pêcheurs.

Il existe des centaines et peut-être même des milliers de protocoles dans la culture Nisg̱a’a. Un récent manuel de procédures portant uniquement sur les fêtes faisait à lui seul plus de 400 pages!