Ways of Life

L’ÉDUCATION TRADITIONNELLE

Avant le contact avec les Européens, les enfants Nisg̱a’a étaient « éduqués » par leurs parents et leurs aînés, qui leur racontaient les histoires traditionnelles et leur donnaient un enseignement oral. Comme ils n’eurent pas de langue écrite avant le 20e siècle, les Nisg̱a’a étaient instruits oralement sur leur histoire familiale ainsi que sur les valeurs culturelles et morales de leur peuple. Par ailleurs, ils acquéraient les connaissances pratiques élémentaires par imitation, soutenus par les conseils de leurs mentors.

On enseignait ainsi aux garçons la chasse, la pêche, la coupe du bois de chauffage, la fabrication de filets et de collets ainsi que la construction d’abris grands et petits, tandis que les filles apprenaient le tissage, le séchage et la cuisson des aliments, la récolte des plantes et la cueillette des petits fruits.

En général, l’enseignement oral était dispensé le soir, lorsque tous étaient de retour à la longue maison après leur journée de travail. Les aînés transmettaient aux filles et aux garçons des leçons de morale, des histoires familiales et des conseils de sagesse. Lorsqu’un aîné voulait avertir un jeune d’un comportement ou d’une action répréhensible, il lui racontait une histoire qui illustrait la leçon. Cet avertissement était appelé haw̓ahlkw, ce qui veut dire « fais attention, ce n’est pas bien ».

Lorsque les aînés racontaient une histoire, ils s’arrêtaient de temps à autre pour voir si les jeunes écoutaient bien. S’ils voulaient en savoir plus, les jeunes devaient dire : « N̓eesda’a », c’est-à-dire « Continuez, j’écoute »; l’aîné reprenait alors son histoire.

Les chefs réservaient certains enseignements privés à leurs neveux, car les neveux étaient les héritiers directs des titres hiérarchiques au sein du clan. Les chefs prenaient souvent leurs neveux à part, dans un coin de la longue maison, pour les instruire en privé en matière de leadership et de sage gouvernance. Ils leur enseignaient ainsi la façon de se mériter le respect des membres de leur lignage (ou wilp) tout en préservant leur autorité. Les matriarches – les plus proches équivalents des chefs parmi les femmes – enseignaient aussi à leurs filles la façon d’exercer leur leadership parmi les femmes.